La où le sang a coulé l'arbre de l'oubli ne peut pousser
En 2022, à l’initiative d’un partenariat entre le Théâtre de Suresnes Jean Vilar et le Mémorial du Mont Valérien Zelda Bourquin a été invitée à imaginer une création théâtrale avec les habitants du territoire proche du Mémorial du Mont-Valérien.
Pendant 3 mois, un groupe de volontaires s’est réuni au Mémorial et au théâtre de Suresnes Jean Vilar pour rencontrer ce lieu qui est à la fois monument et paysage, et la mémoire qu’il porte.
"J’ai proposé d’organiser avec ce groupe de participant.e.s une cérémonie qui permettrait, à notre façon, de raconter la mémoire qui est pratiquée et représentée au Mémorial du Mont Valérien tout en inventant une manière qui nous est propre de la commémorer."
Le 11 juin 2023, nous avions convié le public à notre cérémonie : Là où le sang a coulé l’arbre de l’oubli ne peut pousser qui avait pour geste central de planter un arbre au sein du mémorial, près de sa clairière.
Ecriture et mise en scène : Zelda Bourquin
Création collective et participative avec un groupe de 12 comédiens
et comédiennes volontaires
Avec Virginie Foucard au chant
La chorale les Agité du vocal
Un lieu qui étire la ligne du temps : La situation du Mémorial de Montormel invite à creuser la relation entre ce site stratégique de la libération et le mont sur lequel il se situe. Avec le théâtre nous pouvons convoquer de multiple point de vues : raconter les faits historiques qui eurent lieu en 44, et les mettre en regard avec la vie du paysage qui l’entoure. Quelques mois dans la longue vie de ce paysage qui en a des centaines de milliers. Que représente cette mémoire à hauteur d’arbre, à vie d’arbre ? Comment en prendre la mesure sans la minimiser ? Nous chercherons à mettre en tension la mémoire sur la ligne du temps.
Co-mémorer - écrire la résonnance intime entre ce lieu et l’humain : en réunissant un groupe de volontaire, il s’agit d’observer comment quelque chose se co-mémore entre ce lieu et les humains qui s’y rendent. Écouter leurs réactions, leurs ressentis lors de nos visites du Mémorial et questionner les médiateur.ice.s sur leur rapport personnel au site. Écouter à quel endroit ce lieu mémoriel vient réveiller chez nous un rapport intime avec la guerre, la résistance, l’amour, à hauteur de citoyen.ne.s. Il s’agira de creuser une relation affective possible, de créer des vécus affectifs : une rencontre entre une chorale, et un chemin de ronde, une rencontre entre une histoire personnelle et un objet du musée de l’Histoire officielle, entre une histoire paysagère et une histoire militaire, entre ce qu’on appelle Nation et l’individu, et bien sûr entre les morts et les vivants.
« Montrer la vie chevillée au corps » : Faire mémoire c’est aussi dire “plus jamais ça”. Il y a dans cette affirmation quelque chose qui choisi la vie, et donc la joie. Nous suivrons alors, la voie indiquée par la metteure en scène, Ariane Mnouchkine, de nous départir de nos habitudes de gravité lorsque l’on évoque les morts. Chercher au sein du Mémorial les récits de légèreté, explorer dans l’écriture la possibilité d’un élan libératoire et d’une trame de joie pour offrir une traversée pleine de vitalité au spectacleurs.


Les outils du théâtre pour raconter une lieu




























