Souviens-toi
de ce paysage de minuit
“Une histoire enfouie peut tuer
une histoire transmise peut sauver
tu es ombre et lumière,
tu portes la douleur et l’espoir
tu es une mémoire, d’os et d’âme
jamais ne renonce, à être dite”
Nous avons cherché comment commémorer à notre manière la mémoire portée au Mémorial de Montormel. Nous nous sommes documentés, nous sommes allés arpenter le site, nous avons appris à comprendre, puis nous avons tenté de mettre des mots sur ce que cette mémoire faisait résonner en nous à hauteur de citoyens et citoyennes en 2026. A cette époque au bord des conflits. A cette époque qui n’a jamais compté autant de guerres à travers le monde. De là est né une visite spectacle “ Souviens toi de ce paysage de minuit"
Cette écriture s’inscrit dans le mouvement esthétique du Théâtre-Paysage. Nous sortons des théâtres pour chercher les fictions, en lien avec nos paysages quotidiens et environnements extérieurs, faisant du paysage un personnage porteur d’histoire, comme au Mémorial de Montormel. Ne dit-on pas “Le théâtre des opérations” dans le langage militaire ?
Ce projet a réuni un groupe d’une dizaine de volontaires menés par 4 artistes de la compagnie Nagas : Zelda Bourquin, Juliette Launay et Hélène Clech, Niels Herzhaft
Ce projet s’inscrit dans une recherche initiée par Zelda Bourquin au Mémorial du Mont Valérien en 2022-2023 avec le théâtre de Suresnes Jean Vilar pour questionner la mémoire à hauteur de citoyen, par le truchement de nos histoires intimes.
Ecriture et mise en scène : Zelda Bourquin
Création collective et participative avec un groupe de 6 comédiens
et comédiennes volontaires
Jeu : Hélène Clech, Niels Herzhaft, Juliette Launay
Un lieu qui étire la ligne du temps : La situation du Mémorial de Montormel invite à creuser la relation entre ce site stratégique de la libération et le mont sur lequel il se situe. Avec le théâtre nous pouvons convoquer de multiple point de vues : raconter les faits historiques qui eurent lieu en 44, et les mettre en regard avec la vie du paysage qui l’entoure. Quelques mois dans la longue vie de ce paysage qui en a des centaines de milliers. Que représente cette mémoire à hauteur d’arbre, à vie d’arbre ? Comment en prendre la mesure sans la minimiser ? Nous chercherons à mettre en tension la mémoire sur la ligne du temps.
Co-mémorer - écrire la résonnance intime entre ce lieu et l’humain : en réunissant un groupe de volontaire, il s’agit d’observer comment quelque chose se co-mémore entre ce lieu et les humains qui s’y rendent. Écouter leurs réactions, leurs ressentis lors de nos visites du Mémorial et questionner les médiateur.ice.s sur leur rapport personnel au site. Écouter à quel endroit ce lieu mémoriel vient réveiller chez nous un rapport intime avec la guerre, la résistance, l’amour, à hauteur de citoyen.ne.s. Il s’agira de creuser une relation affective possible, de créer des vécus affectifs : une rencontre entre une chorale, et un chemin de ronde, une rencontre entre une histoire personnelle et un objet du musée de l’Histoire officielle, entre une histoire paysagère et une histoire militaire, entre ce qu’on appelle Nation et l’individu, et bien sûr entre les morts et les vivants.
« Montrer la vie chevillée au corps » : Faire mémoire c’est aussi dire “plus jamais ça”. Il y a dans cette affirmation quelque chose qui choisi la vie, et donc la joie. Nous suivrons alors, la voie indiquée par la metteure en scène, Ariane Mnouchkine, de nous départir de nos habitudes de gravité lorsque l’on évoque les morts. Chercher au sein du Mémorial les récits de légèreté, explorer dans l’écriture la possibilité d’un élan libératoire et d’une trame de joie pour offrir une traversée pleine de vitalité au spectacleurs.





